Rapport d'information sur les Emergents d'Asie du Sud-Est
Rapport d'information sur les Emergents d'Asie du Sud-Est
By:"Gwenegan BUI","Jean-Jacques GUILLET"
Published on 2015-02-04 by Assemblée nationale
Pour un pays attaché à une tradition de diplomatie mondiale, l’Asie du Sud-Est ne peut être négligée tant elle recèle d’enjeux. La France est une puissance à capacités et responsabilités globales et le pivot annoncé ne peut se concevoir uniquement sous l’angle économique. Notre pays peine toutefois à accréditer ce statut de puissance face aux grands de la région, au premier rang desquelles la Chine et les États-Unis. Il est en partie responsable de cette situation. Dans des pays où le critère économique est à ce point déterminant pour mesurer la puissance, la combinaison de la crise économique et du relatif affaiblissement de la présence stratégique en Asie-Pacifique ne pardonne pas. Pourtant, les Rapporteurs Gwenegan BUI et Jean-Jacques GUILLET ont perçu une certaine appétence pour une présence française plus forte, notamment parce que notre pays est perçu comme une alternative, un pays qui apporte « autre chose ». Cela ne signifie pas que la France est attendue, loin de là, mais qu’elle peut construire une influence substantielle si elle repose sur des bases solides, diverses et cohérentes avec ses intérêts économiques et de sécurité. Le rapport avance un certain nombre de préconisations en ce sens, dont les principales sont rappelées dans le tableau ci-après. Elles peuvent être regroupées en trois axes d’action : – Exister comme un acteur à l’échelle de l’Asie du Sud-Est : Il s’agit d’une part pour notre diplomatie de valoriser une présence, territoriale et stratégique, de mettre en avant nos intérêts de sécurité, de proposer des coopérations de défense y compris opérationnelles, en qualité de producteur de sécurité disposant de capacités autonomes, et de participer à l’élaboration de la réflexion et de la mise en œuvre des politiques régionales de sécurité. Il s’agit ensuite d’avoir une politique régionale, structurée, réfléchie, aussi bien par une action directe auprès de l’ASEAN, que par un meilleur fonctionnement en réseau de nos ambassades, sur l’ensemble des volets de l’influence, économique et culturel inclus ; – Cibler l’Indonésie et Singapour comme les États-pivots de la stratégie d’influence française dans la région : Ce choix permet de maximiser notre influence dès lors que les deux pays présentent un intérêt direct très fort, économique notamment, pour des raisons différentes donc complémentaires, et un même intérêt à l’échelle régionale ou mondiale, au regard de leur politique étrangère, compatible voire convergente avec l’approche française. En termes de diplomatie économique, chaque marché présente des opportunités qui entrent en phase avec une offre française et il convient que l’équipe France perfectionne ce travail d’identification et de mise en adéquation. De même, on ne saurait remettre en cause l’attachement à la coopération franco-vietnamienne, notamment universitaire et scientifique. Sur le plan politique, la Thaïlande joue un rôle très important dans la région et la France doit prendre garde à ne pas distendre excessivement les liens entre les deux pays dans la perspective de la sortie de l’instabilité politique actuelle. Néanmoins, c’est à Singapour et en Indonésie qu’il paraît judicieux de déployer tous les leviers de l’influence ; – Développer des coopérations structurantes : La diversification des partenariats et le développement de coopérations structurantes constituent un moyen pour la France d’exister comme un acteur à part entière. À côté de la coopération en matière de sécurité et de défense, extrêmement importante, la France a tout intérêt à affirmer sa singularité, notamment par rapport aux pays anglo-saxons. Cela est vrai aussi bien dans le champ culturel, dans la recherche, dans les échanges intellectuels, sur le plan linguistique, pour son engagement en faveur du développement durable, ou dans sa dimension maritime, qui lui permettrait aujourd’hui de proposer une offre complète, si elle s’en donnait les moyens. On ne saurait conclure sans insister à nouveau sur l’importance des relations de proximité en Asie et en Asie du Sud-Est en particulier, sur la nécessité de construire des projets dans la durée, d’établir des relations de confiance et de faire preuve de chaleur dans les rapports humains. Le rapprochement de nos sociétés est une condition de la réussite concrète des partenariats conclus. Or, peu de personnes en France songent spontanément à l’Asie du Sud-Est, Vietnam mis à part. Le déficit de connaissance sur l’Asie du Sud-Est est aussi un défi à relever pour créer le terreau d’une curiosité propice à l’épanouissement de nos relations avec cette partie du monde.
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